Voici les statistiques
Vous ai-je dit que j'ai écris un bouquin en 2005 ?
En voici un extrait :
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Cela va faire maintenant un peu plus de trois ans que mon correspondant artiste japonais est venu dans mon village me faire une petite visite de courtoisie durant son périple européen. En 2002 tout comme en 1990 soit 12 ans auparavant et ce suivant l’astrologie chinoise, il était déjà venu en Belgique pour rencontrer nos artistes locaux, excellent dans l’art postal. Cette fois-ci, c’est à mon tour d’être son hôte au Japon et principalement à Osaka. Depuis longtemps déjà nous avons convenu de commun accord cette date que j’attends avec impatience. Comme un enfant, je décompte les jours en les cochant sur mon calendrier. J’avais aussi réservé mon billet d’avion au départ de Bruxelles mais pour des raisons que j’ignore encore, j’ai été contraint de m’envoler à partir de Luxembourg. Mon passeport étant en règle et mon sac à dos prêt depuis bien des jours, je jouis d’une parfaite sérénité. Même le traitement pour la maladie (considérée comme incurable par notre médecine occidentale) que j’endure était Ok ; J’ai prévu pour 45 jours, alors que mon séjour complet n’en dure que 5.
C’est donc ce samedi 18 juin que je prends ma voiture pour me diriger vers l’aéroport de Luxembourg. Il est 15h10 et le départ est prévu pour 17h53. J’ai largement le temps de me faire enregistrer. Vers 17h30, je suis invité ainsi qu’une masse de gens de toutes nationalités et de toutes couches de la population à gagner l’appareil qui va nous amener à nos destinations respectives.
Ce vol est mixte dans le sens que les hommes d’affaires se mêlent aux touristes plus rares pour ces régions du globe sans doute plus austère. La température est agréable et les conditions météorologiques sont très favorables à un vol sans histoire. Nous devons faire plusieurs escales dont : Milan, Alexandrie, Aden, Bombay avec sans doute un changement d’appareil à Colombo pour poursuivre vers Singapour, Hong-Kong, Shanghaï, Tokyo et enfin Osaka (Mon terminus).
C’est avec seulement 4 minutes de retard que notre appareil se dirige vers la piste d’envol. Nous sommes suivant un usage sempiternel invités à boucler nos ceintures et à ne plus fumer. Une fois arrivé à 5 mille pieds, le commandant Olivier de Funès ainsi que tout l’équipage ( 2 pilotes, 3 hôtesses et un steward) , nous souhaitent la bienvenue dans une quantité de langues incroyable et nous précise même que la température extérieure est de moins quatorze degrés centigrade.
C’est quelques temps après notre départ, en début de soirée que nous faisons notre première escale à Milan. Nous y restons une petite demi-heure. Un peu avant minuit nous atterrissons à Alexandrie (qui est aussi un port maritime) au nord de l’Egypte. Nous repartons presque aussitôt pour Aden avec un appareil quasiment vide. J’ai à coté de moi depuis Milan, une vieille dame anglaise (grand style) accompagnée de son petit ou arrière petit fils de plus ou moins 4 ans à qui elle conte toutes nos histoires enfantines du petit chaperon rouge à Blanche neige en passant par le petit poucet dans un français très correct mais avec l’accent d’Oxford. Les « R » sont aussi souvent escamotés ou remplacés par des « W » germains, ce qui me donne des fous rires que j’ai peine à dissimuler.
Arrivé dans la nuit à Aden, je somnole, à vrais dire je dors d’un œil inquiet et curieux. L’escale à Bombay s’est sans doute faite durant mon sommeil car je n’en garde aucun souvenir. C’est en amorçant la descente vers l’île de Ceylan que je me réveille en sursaut avec une anxiété indéfinissable. Nous arrivons à Colombo, la fameuse escale où je dois changer d’avion car celui que je quitte suit une autre direction. Me voici dans un pays inconnu, loin de tous et de tout ce que je connais, dans une autre réalité sociale avec pour seule garantie de survie, mon passeport, mon billet d’avion et ma vigilance.
Colombo est une ville sympathique, perdue sur une île de l’océan indien et au sud de l’Inde. Mon prochain avion prévu pour dans trois quarts d’heure ne viendra jamais car il a été la proie d’un acte terroriste et a explosé en vol. C’est une dizaine d’heure après avoir été informé de la tragédie que j’apprends qu’un vol en classe « Y » peut me convoyer jusqu’à Thag-Pu à 300 kilomètres de Hong-Kong où nous attend un avion de remplacement qui nous conduira à destination. En bout de piste, un zinc, comme on dit, vraiment tout au bout de ce que nous n’osons pas appeler un aérodrome en Belgique. Un tri moteur reconverti en bi moteur à hélices par l’ablation du moteur central en tête du fuselage. Il est d’un gris aluminium comme ceux que l’on devine dans les films en noir et blanc. Il est sale, très sale à l’extérieur. Cet avion dont la construction doit être antérieure aux années soixante, comporte une douzaine de places passagères, une soute à bagage et un double poste de pilotage. A l’heure fatidique, nous sommes une dizaine près de cet engin qui n’annonce rien de bon. Outre moi-même, deux pakistanais du style maharadjah (coté vestimentaire) et sept asiatiques d’ethnies éloignées attendent patiemment l’arrivé de l’équipe de pilotage. Au loin, en tenue bleue de mécanicien, un jaune arrive titubant dans les touffes d’herbes et diverses plantations exotiques qui jonchent le sol. D’un age apparent très avancé, arrivant plus près de nous, je remarque qu’il lui manque un œil, ou du moins que son œil droit est hors service depuis de longues années. Vieil avion, rafistolé et piloté par un infirme vieillard… Quel merveilleux voyage nous attend ?
Nous grimpons à bord, moi le premier et naturellement, je m’enfonce tout au fond de cet aéroplane coté queue. Me suivent, le maharadjah et son dévoué, et ensuite viennent compléter La cabine, toute la clique d’asiatiques qui en grand nombre sont des hommes d’affaires ou des représentants de commerces divers et sans doute, pas que licites.
Nous sommes donc le lendemain du jour de mon départ de Luxembourg et presque 24 heures se sont déjà écoulées en voyage, en escales, en décollages, en atterrissages, en cohues, en enregistrements de bagages, en vérifications de passeports, en sommeil tantôt profond et tantôt léger, en repas de moins en moins somptueux ou délicieux pour ne pas dire ragoûtants. Pas de turista en ce qui me concerne, jusqu’ici pour cela tout se passe encore bien. Ma santé reste bonne et mon traitement adéquat peut être facilement adapté à ma nouvelle situation en perpétuelle évolution climatique et géographique.
Sur l’île de Ceylan, il y règne une abondante chaleur humide qui colle à la peau et qui fait adhérer un sable granuleux balayé par des bourrasques de vent alternatif sur toutes nos zones corporelles naturellement exposées.
Toute cette poussière envahi l’avion et semble le remplir d’avantage quand tout à coup le signal est donné, une hélice d’abord se met à tourner, ensuite l’autre moteur se met en marche, puis s’arrête. Après quelques faux démarrages et plusieurs ratés dont un explosif, notre véhicule volant se met en branle pour se diriger vers un immense terrain vague qui nous sert de piste d’envol.
Nous roulons déjà à vive allure en cahotant et en vibrant dans un bruit de rivet qui ne va pas tarder à lâcher quand le pilote décide en vue de l’extrémité opposée de la piste de monter les gaz à plein régime. Faisant face au vent comme il se doit, l’appareil se cabre d’abord pour s’élever de quelques mètres ensuite et nous décollons cette fois pour de bon. C’est pendant dix bonnes minutes que nous gravitons à 45 degrés une pente imaginaire qui doit nous amener dans le couloir aérien qui nous est notifié. Chacun d’entre nous se cramponne comme il peut car certaines ceintures en bon état, font cruellement défaut. J’ai comme des bouchons dans les oreilles et du mal à respirer. Malgré que j’avale la salive que je produits en me mordillant le bout de la langue, rien n’y fait. En plus, une insupportable odeur de kérosène vient nous envahir les narines. Etant le passager situé le plus bas pour le moment, le sable entré tout à l’heure, la poussière et les bagages à main des autres occupants sont venus me rejoindre. Je suis comprimé par tout ce fatras indescriptible. Bien évidement, aucune jolie hôtesse n’est prévue pour arrivée à mon secours et pas un seul steward à l’horizon pour me proposer quelque chose qui me rendrait plus agréable l’instant présent. Ces 10 minutes passent lentement quand enfin ce vieux coucou passe à une position plus horizontale et donc aussi pour moi un peu plus confortable. Il est totalement inutile pour moi de signaler par des cris ou des hurlements aux autres convives que je suis en possession involontaire de leurs effets. Le vacarme assourdissant de l’air qui glisse sous les ailes et le vrombissement des moteurs empêche toute audition. C’est mine de rien que je renvoie avec les pieds par-dessous les banquettes toutes ces choses dont j’ai été la cible. J’enlève aussi mes chaussures pour les vidées du sable qu’elles contiennent. Nous survolons des nuages et j’ignore tout du paysage qu’ils recouvrent. Où sommes-nous ? Quel relief survolons-nous ? Le soleil illumine le ciel qui est d’un bleu azur et nous l’avons droit devant, ce qui semble perturber le pilote qui rappelons-le est borgne. Je pense que pour esquiver cet inconvénient majeur pour la bonne conduite de l’appareil, notre guide expérimenté fait un lent plongé au travers de la couche nuageuse, nous faisant ainsi passer dans un épais brouillard qui ruisselle de micro gouttes sur les vitres.
Soudain, sous nous, une région totalement rocheuse avec de petites vallées asséchées et des crevasses. J’ai même cru voir un cratère.
Vu notre nouvelle position, le ciel s’est fortement assombri et d’autres nuages plus sombres, plus gris se sont ajoutés. En Belgique, un ciel comme celui-ci, donne assurément un orage suivi d’une abondante pluie. Ce qui est aussi ici le cas. Une masse d’eau, semblant sortir de nulle part vient cogner sèchement si je puis dire, la carlingue. Cet événement prévisible contraint notre pilote à perdre encore un peu plus d’altitude afin de pouvoir amorcer une nouvelle remontée par delà le sommet des nuages. Un effroyable coup de tonnerre précédé d’un éclair aveuglant, a raison de notre chauffeur qui pendant un temps nous laisse supposer une perte totale de contrôle. L’avion perd encore de l’altitude au point que l’on distingue les détails géologiques et la constitution de certaines pierres au sol. Un vent de panique s’installe peu à peu. Les conversations qui sont souvent des monologues en dialectes tous différents, fusent. Je les devine seulement car le chahut ambiant couvre toute interprétation même erronée. L’appareil n’est plus stable, l’assiette va parfois à droite et le plus souvent à gauche. Cette bascule latérale en plus des trous d’air imprévisibles me perturbe et me donne le mal de mer. J’ai l’estomac dans les talons et les talons dans le sable humide de l’île de Ceylan. J’ai le souvenir d’avoir emporté quelques gaufres dans mon sac à dos. Ma surprise est qu’elles sont raplaties et pâteuses. Qu’importe, j’ai faim, je mange. Mais pendant cet instant rien ne s’est amélioré dans notre confort de vol. Evitant de justesse une cime, notre chevronné septuagénaire pilote tente une remontée spectaculaire en chandelle presque à la verticale. Et à votre avis, qui fait les frais de ce magnifique exploit ? Cette fois-ci, plusieurs propriétaires des effets de toute à l’heure m’ont fortuitement rejoint à l’arrière de l’appareil, m’offrant en bonus, l’addition de leur poids. Est-ce cela qui empêche la bonne digestion de mes gaufres précédemment ingérées ? Je pense. Décidément avec la SABENA j’y serai peut-être déjà (au paradis). J’exagère. La montée est de courte durée et c’est ce qui suit qui vaut son pesant d’or. Une nouvelle fois, l’appareil est stabilisé dans une position avoisinant l’horizon, pas vraiment de niveau, disons d’aplomb et cette fois survolant tout juste les nuages, les frisant d’à peine quelques centimètres. Ceux-ci sont bruns foncés et annoncent de nouvelles réjouissances. J’ai vu l’hélice du moteur gauche à l’arrêt. Depuis un certain temps, ce moteur n’en veut plus. Il crachote, a de nombreux ratés, redémarre puis s’arrête à nouveau. Est-ce une fuite de carburant qui nous parfumait la trompe au décollage qui en est la cause, je ne sais pas. Je distingue entre les têtes, notre commandant de bord scrutant une carte. Va-t-on avoir droit pour le même prix à un atterrissage forcé ? Pour le moment et jusqu’ici tout va bien. Nous sommes au-dessus des nuages, nous voguons dans une sérénité virtuelle et surtout, nous n’avons pas la moindre idée de ce qui se trame en dessous de nous. Notre unique membre d’équipage vient de décider quelque chose de grave et entame un virage serré donnant avantage au moteur qui nous reste pour plonger directement dans l’épaisse turbulence grandissante qui nous cerne de toute part. Une perte de sustentation due je pense, à un trou d’air, nous aspire beaucoup trop rapidement vers le bas et ne nous laisse guère le choix que de nous laissé planer au gré des divers courants chauds, froids, ascendants et descendants. Après bien des tumultes à l’aveugle (le comble pour un borgne), obscurcis par la densité de plus en plus forte de la brume. Les intempéries ont décidé de nous laisser choir et c’est maintenant à une quinzaine de mètres de moyenne du sol au relief très accidentés et instable que nous planons sans moteur avec la seule préoccupation de trouver rapidement un lieu pas trop hostile pour nous crasher en douceur.
L’indou qui est juste devant moi a repéré une petite plaine à 3 heures sur une butte un peu plus haute que nous. Avec signe, gestes et cris audibles par l’absence du bruit des moteurs, l’indou arrive à se faire comprendre par les passagers qui se trouvent juste derrière notre pilote et ceux-ci engagent un dialogue compréhensible d’eux seul avec le pilote qui tente de conduire l’avion vers cet espoir de survie. Pour ce faire, il doit faire faire un demi tour à l’engin qui par chance reprend grâce à un courant ascendant un petit peu d’altitude nécessaire à une approche favorable de la butte.
Cette butte se situe au milieu de rien. Tout autour n’est que désolation, désert de pierres, de rochers gris clair. Pas âmes qui vivent et aucuns végétaux.
Arrivant aux abords de la butte et de la plaine qu’elle nous offre, la jugeant peut-être trop courte, notre conducteur s’efforce de descendre le plus vite possible au sol. L’impacte est si violant que le fuselage se rompt en deux partie inégale me laissant avec l’arrière et les deux pakistanais alors qu’avec les ailes arrachées, l’avant poursuit sa course mortelle sans pouvoir la ralentir jusqu’au-delà de l’extrémité de la plaine, entraînant au précipice, ses malheureux occupants. Voués à une mort certaine, c’est dans une torride explosion suivie d’une poudreuse fumée noire parfumée d’une odeur de viande grillée que nos condisciples d’un jour, périssent.
Il faut une bonne heure de décompression psychologique pour quitter notre siège et ce qui reste du compartiment dans lequel nous avons jusqu’ici voyagé. Mon ami japonais ne me verra pas ! Nous sommes au milieu d’un désert de matières visiblement inertes et de plus, hauts perchés sur une butte au sommet d’un des plus grands récifs qui nous entourent. La plaine sur laquelle notre avion aurait pu se poser s’il avait été en parfait état de marche est un trapèze d’une profondeur d’environ 150 mètres, la largeur d’approche fait plus ou moins 15 mètres et celle du fond, grosso modo 7 mètres. Notre malchanceux appareil déjà en fort mauvais état, a été pris dans un entonnoir qui ne lui laissait au vu des conditions aucune chance d’échapper à son inévitable destin. Pour les familles orphelines des victimes, c’est affreux. Mais compte tenu du matériel engagé dans ce type de croisière, je pense que c’est un risque calculé.
Au départ comme à l’arrivée vont-ils s’inquiéter de notre disparition ? J’ose espérer qu’avant la tombée de la nuit, ils enverront un avion de reconnaissance. L’endroit où nous nous trouvons est assez peu hospitalier et humidifié en surface par l’orage récent. A l’endroit où est censé s’être écrasé notre appareil, l’épaisse fumée noire s’atténue doucement et celle-ci monte au ciel à la verticale. C’est annonciateur de beau temps, c’est déjà ça ! Les nuages ont maintenant presque tous disparus et ont fait place à une nuée d’oiseaux qui se dirigent vers nous ou plutôt vers le lieu du dernier impacte. Mes deux infortunés compagnons se précipitent à leur rencontre avec une espèce de fronde. Que peuvent-ils faire en si petit nombre pour faire partir cette colonie de rapaces répondant à l’appel de la nature ? C’est que je me trompe, en fait, ils vont essayer de capturer un oiseau qui à son tour va servir de déjeuner.
Pour ce faire, ils doivent descendre jusqu’au pied de la butte, près du lieu du crash. Je les accompagne. Presque à pic, le dénivelé a une trentaine de mètres, ce qui est largement assez pour s’ajouter aux nombres des morts. Ce n’est pas avec mes petits mocassins que je vais pouvoir affronter ce nouveau périple. Par chance et en prévision de longues marches aux travers d’Osaka, j’ai eu la prévoyance d’emporter des chaussures de randonnées confortables. Comme il se doit dans pareil cas, j’enfile une deuxième paire de chaussettes afin d’éviter les frottements d’une marche intense et des mouvement éprouvants pour mes chevilles. C’est d’une escalade à rebrousse poil dont il s’agit. J’ai toujours sur le dos mon sac avec mon traitement, mes affaires et ma guitare qui par miracle n’ont pas souffert du voyage.
Jusqu’à présent tout va encore bien en ce qui me concerne. Je suis d’un naturel positif et en toute circonstance, j’essaie de garder un minimum d’humour auquel je me raccroche pour remonter la pente quand le moral fait cruellement défaut.
J’avais pris le soin d’emporter par mesure de prévoyance des gants légers en laine pour le cas où.... Je pense qu’ils vont m’être utile ici, déjà rien que pour protéger le bout de mes doigts des irrégularités de la roche. La descente s’amorce parfaitement, de petites cavités permettent au début d’y introduire l’extrémité des pieds et par la suite aussi des mains. C’est à tâtons et faisant face à la paroi que décimètres par décimètres je me laisse descendre sur les trente mètres qui nous séparent des débris de l’avion. La bonne vingtaine d’oiseaux que nous apercevons alternativement en contre bas, ne s’intéressent pas à nous. Ils sont beaucoup trop préoccupés par leurs joyeux festins de viandes rôties dont le fumet taquine toujours nos cavités nasales. Les corps calcinés inertes de nos compagnons de voyage n’étaient que lambeaux de chair éparpillés par l’explosion. Le feu qui s’ensuivi les a cuit individuellement. Rien de ce qui nous apparaît n’est reconnaissable. Même les débris de l’appareil qui nous a transportés jusqu’ici. Tout a été pulvérisé et absolument rien n’est récupérable. C’est la désolation totale. Les derniers oiseaux sont devenus la proie de mes comparses pakistanais. Profitant de leur engouement pour ce repas inespéré, sont devenus à leur tour, un hypothétique petit déjeuné. En ne perdant pas de temps et profitant aussi des braises qui rougeoient encore, nous pouvons également nous offrir un mets chaud.
Le soleil commence à décliner et ses rayons devenus orange, nous indiquent l’Ouest. Il est donc aisé de reconstituer les 4 points cardinaux. C’est avec une série de pierres que j’installe une boussole géante visible du sommet de la butte.
Puisqu’à part un bon repas et quelques braises chaudes, rien n’est utilisable ici bas, nous remontons sur la butte afin de nous rendre plus visible pour un éventuel sauvetage.
Arrivé au dessus, je reconstitue une boussole géante avec une pléthore de cailloux abscons.
Le soleil est parti. Il a fait place aux étoiles mais la lune est absente. Il ne fait pas encore nuit mais le thermomètre a dégringolé. Nous n’avons rien de confortable pour dormir et la fraîcheur envahissante nous laisse présager un froid de canard.
C’est toutefois rassasié que nous démontons tout de ce que contient le reste de la carlingue. Nous étalons toutes les pièces l’une à coté de l’autre pour avoir une vue d’ensemble et qui forcera notre discernement.
Mes nouveaux amis involontaires, parlent un anglais très approximatif dont je saisi le sens des phrases. Et c’est avec mon mauvais anglais que je leur réponds.
Dans ce genre de situation où nous sommes réduits à l’état de survie comme les animaux, la parole n’est pas indispensable. Une codification de sons et de différents cris est davantage internationalement utile. Tout est « faits et gestes ». Même eux deux en viennent à cette méthode.
Nous sommes le dimanche 19 juin et en trente six heures, il s’en est passé des choses !
Parmi ce que nous avons récupéré dans la queue de l’appareil, hormis les deux banquettes sur lesquels nous étions assis durant le voyage, il y à : Un pistolet lance fusée ainsi qu’une boîte qui en contient dix huit, une trousse de secours périmée depuis 1977, diverses bouteilles avec inscriptions arrachées et contenant des liquides qui peuvent peut-être être comestibles ou qui servent à la maintenance de l’avion. Il y à aussi pas mal d’outils et une bâche de grande dimension. C’est grâce à cette dernière que nous avons pu passer une nuit sans trop de désagrément. Nous l’avons déplié afin qu’elle fasse un matelas de bonne épaisseur et qu’il en reste un bon bout pour nous servir de couverture. Le seul inconvénient majeur est qu’elle ne sent pas bon du tout. Elle est d’une odeur de putréfaction de végétaux humides chauffés au soleil mélangé avec des huiles minérales et une odeur de chambre à air poreuse. Qu’importe le flacon pour vu qu’on en ait l’ivresse !
Au petit matin, à l’aube dois-je dire, un bruit de ressac comme une mer toute proche. Je ne suis pas le seul à être saisi par cette sonorité incongrue à cet endroit. Un de mes deux compagnons qui était en position assise à mon prompt réveil, se lève pour se diriger en direction de la source sonore au sud-est de notre position. Il me fait signe de venir regarder ce qu’il voit. A environ 3 kilomètres, un objet aux dimensions d’un bombardier est en vol stationnaire à quelques mètres du sol. Est-ce une expédition en vue de nous tirer d’ici ? Je me précipite à l’endroit où nous avons étalé tous les objets extraits du fuselage et je saisi le pistolet lance fusée que je ramène ainsi que la boîte de cartouche près de mon compagnon. Celui-ci s’empare de l’objet que je lui tends et y insère une fusée. Celle-ci ne part pas. Le pistolet fonctionne mais la fusée semble être hors d’usage. Je lui en passe une autre qui donne le même résultat navrant. Au total, nous avons essayé toutes les fusées et aucunes n’a donné satisfaction. Quelles sont maintenant nos chances d’être aperçu par nos visiteurs ? Nous n’avons rien pour faire du feu ni même un miroir pour leur envoyer un reflet alors que toutes les bonnes conditions de réflexion sont réunies. Le soleil se lève à l’est et cet engin se trouve au sud-est. Il est inutile de manifester notre présence par du bruit. Si nous les entendons, c’est que le vent vient dans notre direction et qu’à l’inverse aucun son ne peut leur être rapporté. C’est vraiment bête ! Si près du but. Nous ingénions à leur faire de grands signes en agitant des pièces d’étoffes de couleur vives et en contraste avec le décor pour attirer leur attention mais rien ne semble y faire. Nous nous fatiguons pour rien car cet objet en vol devient de plus en plus petit, ce qui signifie qu’il s’éloigne de nous pour ne devenir bientôt qu’un point presque imperceptible.
Les nuits sont fraîches, le jour nous sommes confrontés à un soleil de plomb, j’ignore dans quelle contré je me trouve et dans quelle sens s’il échait, nous devons nous diriger.
Je préconise que nous nous décalons vers l’est et que nous
emportons dans la mesure du possible tout ce qui nous sera
indispensable sans pour autant nous surcharger et nous fatiguer
prématurément. Bien que la bâche soit d’une grande utilité
surtout pour la nuit ou en cas de forte pluie, nous devons au vu de
son poids, nous résoudre à l’abandon
Parmi les musiques que je compose, il y a mon concept
"Off-Beat". Je lui ai consacré presque que tout un myspace Vous aurez certainement remarqué que
j'aime beaucoup détourner certain document. Ici, j'ai transformé
une pub pour devenir gardien de prison (Quel beau métier) en une
pub pour des vacances hors du commun. |
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